Appel à communications

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Éducation, Performance & Innovation

Quels sports collectifs demain ?

Au lendemain de la victoire de l’équipe de France de handball aux Jeux Olympiques de Tokyo, Le Monde publiait un article intitulé « JO de Tokyo 2021 : l’apothéose pour les sports collectifs français ». Aux médailles d’or des équipes de handball masculine et féminine, de volleyball masculine, il faut en effet ajouter les médailles d’argent et de bronze pour les basketteurs et les basketteuses, ou encore la médaille d’argent pour les joueuses de rugby à 7. À l’évidence, ces performances en sports collectifs constituent l’aboutissement d’un processus engagé il y a une vingtaine d’années[1]. Selon Olivier Krumbholz, entraîneur de l’équipe de France de handball féminine, ce constat mérite réflexion : « qu’est-ce qui représente le mieux la France qu’une équipe d’un sport collectif ? Est-ce que les Français ne se retrouvent pas dans cette œuvre ? Pour eux, l’intelligence collective, c’est tous les jours au travail. C’est faire à plusieurs ce qu’on ne peut pas faire tout seul »[2].Simultanément, ces résultats ont alimenté des débats animés concernant les relations entre le domaine de la performance sportive et celui de l’éducation physique et sportive (EPS)[3].

Les sports collectifs occupent une place importante dans l’histoire de l’EPS[4]. A partir des instructions officielles de 1967, l’enseignement de ces activités s’est développé de manière de plus en plus importante à l’école, et a fait l’objet d’une véritable « révolution ». Un mouvement qui a d’ailleurs impacté plus globalement l’EPS et le sport scolaire, puisqu’il invitait simultanément à dépasser le technicisme. Cela a par exemple été une période faste pour le handball qui occupait alors la place de premier sport scolaire. Aujourd’hui, force est de constater que la situation est différente. Dans une période de renouvellement des pratiques sociales, d’évolutions institutionnelles et de concurrence entre les activités physiques sportives et artistiques (APSA), la place des sports collectifs dans les programmations en EPS et leurs enjeux éducatifs sont interrogés[5].

Les sports collectifs, caractérisés par la présence de partenaires et d’adversaires, reposent sur une logique d’affrontement. Dans ce type de pratique, « la rencontre est paradoxale, [elle] réunit exprès pour opposer. On prend pour règle l’affrontement violent. Mais on réconcilie avec la règle qui, acceptée par tous, devient norme universelle » selon l’interprétation classique de Bernard Jeu[6]. L’incertitude liée à autrui ouvre à une importance de l’activité de communication (avec les partenaires) et de contre-communication (avec les adversaires)[7]. Ce groupement d’activités sportives rend compte d’une grande diversité culturelle avec un socle historique en Europe (football, rugby, basketball, handball, volleyball), certaines particulièrement développées en Amérique (football américain, baseball, hockey, etc.), mais aussi une multitude de pratiques plus ou moins connues (ultimate, tchoukball, water-Polo, kayak-Polo, etc.), avec des éléments de transversalité et de spécificité règlementaires[8]. La réflexion autour des sports collectifs gagne ainsi à être abordée au regard de trois thématiques qui seront au cœur de ces 10èmes biennales de l’AFRAPS.

Premièrement, les sports collectifs sont exploités à des fins d’éducation, non seulement à l’école mais plus globalement dans la société. Ces pratiques ancrées dans un groupe d’activités sportives « traditionnelles » continuent à se développer et à se diversifier. En quoi les différents regards scientifiques permettent-ils de rendre compte et/ou d’alimenter ces évolutions des sports collectifs et des conceptions de l’enseignement ? Quelles sont les modalités d’intervention et les conditions de pratique susceptibles d’impacter favorablement l’engagement, les apprentissages, et plus globalement l’éducation des élèves (notamment en termes de citoyenneté, de santé et de bien-être[9]) ?

Deuxièmement, les enjeux de préparation à la performance dans les sports collectifs alimentent les recherches en STAPS. Elles portent tant sur la préparation physique, la préparation mentale, le progrès tactico-technique que sur le développement de l’intelligence collective. En quoi ces travaux issus de perspectives scientifiques variées permettent-ils de comprendre les ressorts de la performance et de penser l’intervention dans ce domaine ? Quels sont les éléments de transversalité et de spécificité au regard de la diversité des sports collectifs ? Quelles sont les perspectives contemporaines pour l’entraînement ?

Enfin, la question de l’innovation renvoie non seulement à la diversification des sports collectifs au cours du temps, aux démarches d’intervention originales de ces activités dans de nombreux domaines professionnels, ou encore aux approches scientifiques, didactiques ou pédagogiques novatrices qui permettent d’en appréhender toute la richesse. Il sera ainsi intéressant d’interroger les sports collectifs en termes d’évolution, de permanences, de transformations, de crises et de ruptures. Comment les sports collectifs de demain s’adapteront à un mouvement d’innovation sportive plus vaste[10] ? L’intégration des nouvelles technologies dans le domaine spécifique des sports collectifs (analyse comportementale, feedbacks vidéos, simulations vidéos, etc.) apparaît à l’évidence comme l’une des pistes à explorer.

Dans ce contexte, l’ouvrage intitulé « Regards sur les sports collectifs » (Visioli & Petiot, à paraître en 2023), porté par les éditions AFRAPS, a pour objectif de proposer une vue actualisée des connaissances sur ces activités, à destination des enseignants-chercheurs, des intervenants (enseignants d’EPS, entraîneurs en milieu fédéral, etc.), ou encore des étudiants en STAPS se préparant notamment aux concours de recrutement (CAPEPS et Agrégation). Les 10èmes biennales de l’AFRAPS sont pensées à la fois comme un prolongement et un dépassement de cet ouvrage. En effet, l’enjeu est d’engager de manière encore plus large les chercheurs et praticiens intéressés pour penser les sports collectifs de demain, en termes d’éducation, de performance et d’innovation. Ces biennales proposeront des conférences et des communications orales de chercheurs et de praticiens reconnus dans le domaine des sports collectifs, ainsi que des ateliers de pratique et des temps conviviaux ancrés dans la vie locale brestoise.

Les propositions de communications pourront s’inscrire dans 4 axes :

Axe 1 : Sports collectifs et sciences sociales
Les propositions pourront notamment porter sur l’évolution des sports collectifs dans la société (permanences et transformations), sur les processus de diversification, de didactisation et d’intégration de ces activités à l’école (place, rôle, statut, résistances…), ou encore sur les questions liées à la prise en compte des inégalités sociales et sexuées.

Axe 2 : Sports collectifs et sciences humaines
Les propositions s’inscriront dans différentes perspectives théoriques (psychologie cognitive, psychologie sociale, didactique, action située, approche phénoménologique, approche conative…), pour aborder notamment les questions liées à la prise d’information, à la prise de décision, au progrès moteur, à la gestion des émotions, ou aux enjeux de savoirs.

Axe 3 : Sports collectifs et approches pluridisciplinaires
Les propositions rendront compte principalement des approches physiologiques, biomécaniques et comportementales. En particulier, les approches mixtes se développent actuellement dans une double visée d’optimisation de la performance et de participation aux enjeux de santé. Les contributions pourront notamment aborder des analyses comparatives entre les sports collectifs, la question de la préparation physique, l’intérêt de l’analyse vidéo à haut niveau, ou encore la question des blessures.

Axe 4 : Les sports collectifs dans les domaines professionnels
Les propositions partiront de problématiques issues de la pratique d’intervention en EPS, dans le milieu fédéral, dans le socio-sport ou encore, dans le domaine de la santé. Elles pourront aborder notamment la question des choix didactiques, pédagogiques et évaluatifs de l’intervenant, susceptibles de promouvoir l’engagement et le progrès des pratiquants. Les modalités innovantes d’utilisation des nouvelles technologies seront particulièrement appréciées.



POUR SOUMETTRE UNE PROPOSITION… 

Normes de soumission :

Axe thématique : insérer le numéro

  • Titre : En gras, police TNR, centré. Le titre ne peut excéder 50 mots.

Laisser ici un interligne simple
Auteurs et institution : Nom, Prénom des auteurs : TNR 12, centré, un numéro d’exposant renseigne sur les appartenances institutionnelles.
Laisser ici un interligne simple Appartenance institutionnelle Laisser ici un interligne simple

  • Résumé : Le titre de la partie est en gras, pas le texte. Ce résumé court ne peut excéder 300 mots (TNR, 12, justifié). Il est composé, sans les nommer, des différentes sections : enjeu de l’étude, méthode, principaux résultats et conclusions.

Laisser ici un interligne simple

  • Mots clés : Le titre de la partie est en gras, pas les mots clés. 5 mots maximum, séparés par des virgules.
  • Bibliographie : 5 références maximum aux normes APA

Les résumés feront l’objet d’une double expertise par les membres du comité scientifique.
Les propositions retenues par le comité scientifique feront l’objet d’une présentation (15 minutes) suivie d’échanges et de discussions avec la salle (10 minutes).

Modalités de soumission :
Chaque proposition de résumé devra être soumise sur le site des biennales : https://afraps.org/10e-biennale-2023/depot-textes-courts/

VALORISATION SCIENTIFIQUE ET PROFESSIONNELLE 
Les travaux présentés aux biennales feront l’objet de publications. Deux types de valorisation sont envisagés :

  • Une valorisation scientifique sous la forme d’un dossier thématique porté par la revue Staps (parution 2024)
  • Une valorisation professionnelle par l’intermédiaire d’un ouvrage collectif porté par l’AEEPS.


Comité scientifique

ATTALI MICHAËL

BAZOGE NATALIA

BERNIER MARJORIE

BOSSARD CYRIL 

BRAU-ANTHONY STEPHANE

BUI-XUAN GILLES

CABAGNO GENEVIEVE

CAMPO MICKAEL

CHOVAUX OLIVIER

DARNIS FLORENCE

DEBARS CLAIRE

DESBIENS JEAN-FRANÇOIS

DIETSCH GUILLAUME

DORON JULIE

DOSSEVILLE FABRICE

ELOI SERGE

FORTUNE YOHANN

FUCHS JULIEN

GLEYSE JACQUES

GROSSTEPHAN VINCENT

GRÜN LAURENT

JOING ISABELLE

JONCHERAY HELENE

KERIVEL THIBAULT 

KERMARREC GILLES

KOMAR JOHN

LAFFAGE-COSNIER SEBASTIEN

LE PAVEN MAËL

LE YONDRE FRANÇOIS

LEZIART YVON

LIMA NETO AVELINO

LLENA CLEMENT

LOUIS FABRICE

MONIER BRICE

PARMENTIER CHARLOTTE

PAULO ANA

PETIOT ORIANE

PREVEL SANDRINE

PRIOUX JACQUES

QUIDU MATTHIEU

RASERA FREDERIC

RICHARD REMI

SCHANTZ OTTO 

TRAVERT MAXIME

TROUILLOUD DAVID

UHLRICH GILLES

UHLRICH GILLES

VERSCHEURE INGRID

VISIOLI JEROME



Échéancier 
Date limite d’envoi des résumés : 01/09/2022
Date limite de retour des expertises : 30/10/2022
Date limite d’envoi des versions finales des résumés : 01/01/2023
Date de la manifestation : 24-25-26/05/2023


Le Comité d’organisation
Julien Fuchs (Université de Bretagne Occidentale) – julien.fuchs@univ-brest.fr
Gilles Kermarrec (Université de Bretagne Occidentale) – gilles.kermarrec@univ-brest.fr
Oriane Petiot (Université Rennes 2) – oriane.petiot@univ-rennes2.fr
Jérôme Visioli (Université Rennes 2) – jerome.visioli@ univ-rennes2.fr

[1] Costantini D. (2002). La victoire est en nous. Par où est-elle entrée ? Contrepied, 10, 39-40.
[2] Martel, C. & Pécout, A. (2021). JO de Tokyo 2021 : l’apothéose pour les sports collectifs français. https://www.lemonde.fr/sport/article/2021/08/09/jo-de-tokyo-2021-les-sports-collectifs-francais-bouclent-leurs-jeux-en-apotheose_6090949_3242.html
[3]https://www.lequipe.fr/Tous-sports/Actualites/Quand-des-sportifs-francais-se-moquent-de-jean-michel-blanquer-apres-son-tweet-sur-les-vertus-de-l-eps/1277418
[4] Attali, M. & Saint-Martin, J. (2014), A l’école du sport. Epistémologie des savoirs corporels du XIXe siècle à nos jours. Bruxelles : De Boeck.
[5] Combaz, G. & Hoibian, O. (2009). Quelle culture corporelle à l’école ? Entre tradition sportive et renouvellement des pratiques sociales, 1980-2006. Sciences sociales et sport, 2, 93-124.
[6] Jeu, B. (1977). Le sport, l’émotion, l’espace, p.241. Paris : Vigot.
[7] Parlebas, P. (1981). Contribution à un lexique commenté en sciences de l’action motrice. Paris : INSEP.
[8] Éloi, S. & Uhlrich, G. (2001). Contribution à la caractérisation des sports collectifs : les exemples du volley-ball et du rugby. Staps, 56, 109-125.
[9] Fortes, M. & Hauw, N. (2009). Jouer ensemble pour se sentir bien. Revue EP&S, 337, 24-27.
[10] Loret, A. (2003). L’intégration par le sport au risque de l’innovation sportive. Empan, 51, 39-47.